Les conseils de mai 2022 ; L'Abeille Noire

Travaux au rucher en mai 2022

Les températures en moyenne en mai sont plus agréables, on peut espèrer des moyennes allant de 8 à 18°C. 

De la neige en avril, ça étonne toujours. Avec une descente d'air polaire et des précipitations remontant de la France, nous nous sommes réveillés le 1er avril avec une couche de neige et du blizzard sur presque toute la Belgique, de quoi bien démarrer les vacances de Pâques... Si la neige en avril surprend, ce phénomène n'est pourtant pas si inhabituel.

La moyenne des températures d'avril varie de 6 à 15°C en temps normal avec 15 à 22 jours de pluie.

Cela dit, le temps s'est rattrapé et nous avons eu de larges période de beau temps. 

Au temps où les merisiers, divers pruniers et autres arbres fleurissaient en avril, le froid négatif a inquiété beaucoup de monde et pour cause, le seuil critique de froid peut être vite être atteint, supprimant par là une bonne partie des futures récoltes de fruits et la nourriture printanière de nos abeilles. La résistance au gel diminue avec l'avancée et le développement des bourgeons et l'ouverture des fleurs. Par contre si le travail des abeilles est suffisamment efficace, une bonne pollinisation permet au fruit en pleine nouaison de mieux résister au froid. Le gel si redouté sur les floraisons de freuitiers n'a pas eu l'impact négatif comme l'an passé. A l'heure où j'écris, beaucoup de fruits sont noués, comme pas exemple les cerises qui gonflent sur les rameaux.

En attendant l'éclosion massive du couvain c'est finalement pour certains dans la dernière quinzaine de mars que les hausses ont été posées sur les ruches, pour d'autres, après la période plus froide d'avril. On fait généralement la pose des hausses après avoir déposé deux cires gaufrées en bordure du couvain pour agrandir le nid. En ce qui concerne les colonies les plus fortes, il arrive que dans les 24 heures elles soient déjà construites. A ce moment-là ces cires qui sont construites en rive doivent absolument être placées au milieu du nid de manière à ce que la reine ponde dedans. Si vous ne faites pas cela vous rater l'occasion de renouveler vos cires de corps. En effet, en rive, les cires seront remplies de pollen et de nectar et vous ne renouvellerez pas les vieux cadres du nid à couvain qui devraient se déplacer vers les extérieurs avant d'aller au cérificateur. Beaucoup s'inquiètent des températures pour placer les hausses. En ce qui me concerne c'est avant tout la force de la colonie qui est déterminante pour moi. C'est évidemment valable pour des ruches Dadant. En ruche Warré, c'est un peu différent et plus facile, il suffit de placer un élément vide en dessous du couvain. Les abeilles descendront quand elles se sentiront prêtes. Et si vous voulez forcer un peu les choses vous prenez deux cadres de couvain que vous descendez déjà dans cet élément vide, uniquement si vous constatez que votre colonie est bien populeuse évidement.

Un cadre de couvain operculé occupera la superficie de deux cadres et demi d'abeilles quand celles-ci seront nées. Attention pour les colonies qui sont déjà sur 8 à 9 cadres de couvain, placer une seule hausse et nettement insuffisant. Vous allez tout droit vers l'essaimage par manque de place et malheureusement de nos jours souvent les essaims disparaissent car notre vie actuelle fait que nous sommes moins présents pour surveiller leur sortie. Rappelez-vous toujours les abeilles doivent travailler et notamment les cirières doivent être occupées. Dans les ruches qui n'ont que des cires à étirer, les cirières sont moins occupées. Voici un autre avantage avec les ruches Warré ; les cirières travaillent pleinement. Cela induit que les abeilles ont moins tendance à essaimer. En présence de reines de qualité les colonies vont se développer et les peuples peuvent profiter surtout près des zones de colza. Le nectar ainsi que le pollen de colza sont très nutritifs pour les abeilles. Il faut vraiment veiller à ce que le nid ne soit pas encombré par le pollen. Vous pouvez bien sûr le récolter, vous pouvez aussi mettre des cadres de côté pour nourrir des essaims ou des colonies plus faibles.

Pour ceux qui récolte du colza l'attention devra être très forte de la part de l'apiculteur. Dès la fin de la floraison il faut absolument récolter car le miel de colza cristallise très vite. Lorsque vous ferez votre première récolte de miel assurez-vous que celui-ci n'est pas trop humide. Il n'est pas rare de rencontrer du miel à 21 % d'humidité alors qu'il est operculé, surtout si c'est du miel de colza. Dans ce cas les hausses doivent être placées dans des enceintes chauffées avec circulation d'air pour abaisser le taux d'humidité à 17 %. La loi interdit de vendre un miel au-dessus de 20 % d'humidité. Certains appareillages qui sont en même temps des maturateurs permettent de mélanger le miel de manière à le rendre crémeux. Un miel de colza sera naturellement très fin en cristallisation mais très dur. Il faudra absolument le malaxer pour qu'il devienne crémeux il n'est jamais agréable de se battre avec son miel quand on veut en manger et de plier la cuillère dans le pot. Si par malheur il venait à cristalliser dans le maturateur il faudrait absolument le défiger avec une source de chaleur thermostatée. Attention ne dépassez jamais la température de 36°C. Un autre miel printanier qui ne contient pas de colza peut être ensemencé avec du miel de l'année avant qui était très fin.

Le mois de mai voit les colonies arriver à leur apogée de développement avec une abondance de récolte, des températures douces, une météo qui est clémente... Cela présage beaucoup plus de travail pour l'apiculteur à plusieurs niveaux avec les récoltes de miel, de pollen, la lutte contre l'essaimage et pour ceux qui en font, l'élevage des reines, avec ou sans production de gelée royale et la constitution de nouvelles colonies.

Les trois mois qui viennent seront très chargés pour l'apiculteur.  Pour la récolte l'idéal et de s'équiper de plateaux chasse-abeilles qui seront placés quelques heures sous les hausses avant de récolter ou le soir pour récolter tôt le lendemain matin. Ne seront récoltés que les cadres bien operculés, les autres seront remis dans les hausses sur la ruche et récoltés avec le miel d'été. Si la ruche est très populeuse, attention... Il vaut mieux avoir une ou deux hausses de stock pour glisser en dessous du plateau chasse-abeilles afin de pouvoir stocker les abeilles qui sans cela ne pourraient pas rentrer dans la ruche. Vérifier toutefois qu'il y a assez de réserves dans le corps pour nourrir vos abeilles en cas de trou entre les deux miellées, les abeilles pourraient crever de faim. Les nourrir au sucre serait une aberration.

 

Une autre activité qui prendra du temps pour ceux qui n'ont pas des abeilles bien sélectionnées, c'est la chasse aux cellules d'essaimage. Avec l'abeille noire nous avons la chance que la période de l'essaimage qui coïncide souvent avec la floraison des boutons d'or ne dure qu’environ 3 à 4 semaines. Certaines sous-espèces ou race obligent l'apiculteur à visiter les colonies environ une fois semaine pendant facilement 2 mois. Dès que la première cellule et operculée et la colonie peut essaimer attention certaines essaiment déjà alors que les cellules ne contiennent encore que des larves. Nous reparlerons de l'essaimage dans un autre article. 

Je vous souhaite que ces prochaines récoltes soient une réussite pour vous.  Que vos colonies et essaims se portent bien.

A très bientôt

L'Abeille Noire

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